Pourquoi soutenir le référendum contre CO22

Contexte :

Des élèves qui quittent l’enfance et doivent s’éloigner de maman/papa, découvrent un autre univers dans lequel les relations sociales vont prendre de plus en plus de place. En particulier, le groupe des pairs (les camarades de même âge) va devenir primordial, en particulier la vision qu’il porte sur l’élève. A cela s’ajoute l’arrivée de la puberté qui chamboule l’individu et le place face à une terra incognita à découvrir. Résultat : l’âge du CO, particulièrement les 2 dernières années, représente le moment où l’individu est LE MOINS impliqué dans ses apprentissages et le plus susceptible de se dissiper.

Des profs, plus ou moins jeunes, plus ou moins usés, avec des formations initiales différentes suivant leur âge, qui doivent conduire 4 ou 5 classes différentes (pour les branches principales) ou 10 à 11 (pour les autres). Leur premier souci réside dans la gestion de chacune de leurs classes, notamment celle des troublions qui les habitent. Il est, évidemment, impossible de mener à bien un apprentissage si le calme ne règne pas dans le groupe. Lorsque ce n’est pas le cas, l’enseignant se mine de plus en plus, voire tombe dans un burn-out.

Bref, du côté des élèves, une priorité d’intérêts non scolaires en classe et, du côté des profs, une crainte de ne pas trouver une ambiance de groupe qui permette de bonnes conditions d’exercice du métier.

Les travers de CO22 :

En fonction de ce contexte, la loi néglige deux paramètres essentiels :

L’économie de travail des uns et des autres : le prof doit jongler avec deux (ou trois en 9ème année) groupes dans sa classe : les élèves qui appartiennent au niveau 1 de compétences, ceux du niveau 2 et, enfin, celui ou ceux qui feraient partie de la filière rapide (ou d’excellence) en 9ème. En outre, il doit construire une évaluation différenciée, avec donc des barèmes différents, au sein du même groupe. Et cela pendant 45 minutes de cours et 22 ou 24 heures hebdomadaires s’il est au bénéfice d’un poste complet ! De plus, il doit préserver le calme dans la classe tout en s’adressant tantôt à un groupe, tantôt à l’autre, ce qui multiplie les risques de dissipation de celui provisoirement négligé. Les profs ne sont pas tous jeunes, dynamiques et sportifs, n’ont pas forcément une personnalité ouverte aux expériences pédagogiques qui représentent d’ailleurs pour une partie d’entre eux le cadet de leurs soucis. Ce que la loi leur demande est IMPOSSIBLE pour une majorité d’entre eux, soit par crainte logique de rapide épuisement, soit par volonté de ne pas s’y conformer.

L’élève du CO, volontiers rigolard, parfois troublion, préoccupé par bien d’autres choses plus importantes que la leçon, doit, selon la loi, rester attentif et actif en apprentissage, même lorsque le prof se désintéresse de lui un moment. Si vous assistez actuellement dans une classe plus ou moins homogène à un cours, vous découvrirez à quel point il est rare que l’enseignant, si bon soit-il, capte l’attention ou mette en activité tous les élèves. Il est certain qu’avec le nouveau système la dissipation et les perturbations augmenteront spectaculairement.

En effet CO22 commet une erreur profonde, celle de la présomption d’excellence. Dans un monde idéal, tous les enseignants seraient ouverts à une formation qui transforme leur manière de travailler et leur demande beaucoup plus et mieux ; dans un monde idéal, tous les élèves, convaincus de l’importance de l’enseignement, resteraient sages, actifs et concentrés pendant tous les cours. A l’évidence, le monde réel des profs et des élèves en est bien éloigné et tenter de l’approcher à marche forcée représente un risque majeur pour tous les acteurs de l’école.

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